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Guide pour artisans

Augmenter ses prix : le calcul que la peur vous empêche de faire

Vous travaillez plus qu’avant et vous gagnez pareil. Vos fournisseurs ont augmenté, pas vous. Voici comment chiffrer la hausse nécessaire, et pourquoi perdre quelques clients au passage est souvent une bonne nouvelle.

Par Raphaël Savorgnan, fondateur de Voltea Acquisition · Mis à jour le 30 août 2026

Un artisan qui augmente ses prix de cinq pour cent et perd un client sur dix gagne plus qu’avant, travaille moins, et se fatigue moins. Ce calcul, presque personne ne le fait, parce que la peur de perdre des chantiers passe avant.

Le calcul, en une minute

Prenons dix chantiers à dix mille euros, avec trois mille euros de marge nette chacun. Vous gagnez trente mille euros pour dix chantiers.

Augmentez de cinq pour cent. Chaque chantier passe à dix mille cinq cents euros, la marge à trois mille cinq cents, puisque vos coûts n’ont pas bougé. Si vous perdez un client, il vous reste neuf chantiers à trois mille cinq cents euros, soit trente et un mille cinq cents euros pour un chantier de moins.

Ce que ça veut dire

Vous gagnez plus, avec une semaine de travail en moins, moins de déplacements, moins d’usure de matériel et moins de risque de service après-vente. Le chantier perdu était le moins rentable des dix.

Pourquoi une hausse touche surtout la marge

C’est le point que beaucoup d’artisans ne voient pas. Quand vous augmentez de cinq pour cent, vos coûts ne bougent pas d’un centime : même matériel, même main-d’œuvre, même trajet. La totalité de la hausse tombe dans la marge.

Sur une marge de trente pour cent, augmenter le prix de cinq pour cent augmente la marge d’environ dix-sept pour cent. C’est un effet de levier, et il joue dans les deux sens : chaque remise consentie coupe dans la marge, pas dans le chiffre d’affaires.

Les cinq signes qu’il faut augmenter

  • Vous signez presque tous vos devis. Un taux d’acceptation très élevé signifie que vous êtes trop bas, pas que vous vendez bien.
  • Vous refusez du travail. Plus de demande que de capacité, c’est la définition d’un prix trop faible.
  • Vos fournisseurs ont augmenté et vous non. Vous absorbez leur hausse sur votre propre marge.
  • Vous travaillez le soir pour rattraper l’administratif. Ce temps n’est facturé nulle part.
  • Vous n’avez pas augmenté depuis plus d’un an. À prix constant, vous baissez chaque année.

Comment annoncer sans se justifier

La plus grosse erreur consiste à expliquer longuement pourquoi vous augmentez. Cela transforme un prix en négociation.

Pour les nouveaux clients, il n’y a rien à annoncer : c’est simplement votre prix. Pour les clients réguliers, une phrase suffit, sans excuse ni justification détaillée. Vous n’avez pas à démontrer que vous méritez votre tarif.

Augmenter la valeur perçue en même temps

Une hausse passe mieux quand quelque chose change visiblement. Ce quelque chose n’a pas besoin de coûter cher :

  • un devis plus clair, une ligne par poste, en français ;
  • une visite plus complète, avec des explications ;
  • un chantier laissé propre, systématiquement ;
  • un point de suivi après la mise en service.

Ce sont les mêmes éléments qui font signer un devis plutôt qu’un autre à montant égal. Le détail est sur la page pourquoi vos devis ne sont pas signés.

Le vrai risque, et il n’est pas où l’on croit

Le risque n’est pas de perdre des clients : c’est de perdre les bons et de garder les mauvais. Cela arrive quand vous augmentez pour tout le monde sauf pour ceux qui négocient le plus fort.

En cédant systématiquement aux négociateurs, vous vous retrouvez avec un portefeuille composé exactement des clients les moins rentables et les plus exigeants. La hausse doit s’appliquer d’abord à ceux qui discutent le plus.

Par où commencer

Si l’augmentation générale vous inquiète, commencez par un test : appliquez le nouveau tarif à vos cinq prochains devis, sans rien changer d’autre. Comptez combien sont signés.

Dans la grande majorité des cas, le taux ne bouge quasiment pas, parce que le prix n’était pas le premier critère de décision. Vous aurez alors la preuve chiffrée qu’il vous manquait pour généraliser.

Questions fréquentes

De combien augmenter ses prix quand on est artisan ?

Cinq pour cent constitue un palier réaliste et rarement contesté. Sur une marge de trente pour cent, cette hausse augmente la marge d’environ dix-sept pour cent, car les coûts ne bougent pas d’un centime : la totalité de l’augmentation tombe dans la marge.

Comment savoir si mes prix sont trop bas ?

Cinq signes le montrent : vous signez presque tous vos devis, vous refusez du travail faute de capacité, vos fournisseurs ont augmenté sans que vous suiviez, vous travaillez le soir sur de l’administratif non facturé, et vous n’avez pas augmenté depuis plus d’un an.

Que répondre à un client qui trouve le devis trop cher ?

Ne vous justifiez pas longuement, cela transforme un prix en négociation. Ramenez la conversation sur ce que le client obtient et sur le problème qu’il veut régler. Et sachez qu’un devis refusé sur le prix cache souvent une autre cause, comme un délai de réponse trop long ou un décideur absent lors de la visite.

Faut-il augmenter aussi pour ses clients fidèles ?

Oui, et en priorité pour ceux qui négocient le plus. Céder systématiquement aux négociateurs revient à construire un portefeuille composé des clients les moins rentables et les plus exigeants. Une phrase simple suffit à annoncer la hausse, sans excuse ni justification détaillée.

Comment tester une augmentation sans risque ?

Appliquez le nouveau tarif à vos cinq prochains devis, sans rien changer d’autre, et comptez combien sont signés. Dans la plupart des cas le taux ne bouge quasiment pas, ce qui fournit la preuve chiffrée nécessaire pour généraliser la hausse.

Raphaël Savorgnan est le fondateur de Voltea Acquisition. Il conçoit et pilote des campagnes d'acquisition pour des installateurs de pompes à chaleur, de photovoltaïque et d'isolation partout en France. Les chiffres cités dans ce guide proviennent de campagnes réellement pilotées et d'échanges avec des installateurs en activité.

Guide mis à jour le 30 août 2026. Les ordres de grandeur sont revus à chaque évolution notable du marché.

Vous êtes plein mais vous ne gagnez pas plus ?

C’est un problème de mix et de prix, pas de volume. On regarde vos chiffres et on voit ce qui bloque. Trente minutes.

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