Chaque voiture électrique vendue crée un besoin d’installation à domicile. Le raisonnement paraît imparable, et beaucoup d’électriciens se sont lancés sur ce marché pour cette raison.
Puis ils découvrent la réalité économique : une borne murale posée se vend souvent entre mille et deux mille cinq cents euros, tout compris. La marge nette qui en découle ne ressemble en rien à celle d’une pompe à chaleur.
Le problème arithmétique
Reprenons le raisonnement du coût d’acquisition. Si une borne vous laisse quatre à sept cents euros de marge nette, et que la règle prudente consiste à ne pas dépasser le quart de cette marge en acquisition, votre budget par chantier signé tombe autour de cent à cent soixante-quinze euros.
À ce niveau, une campagne publicitaire dédiée à la seule borne de recharge est difficile à rentabiliser. Ce n’est pas impossible, mais la marge d’erreur est mince. Le calcul complet est sur la page ce que coûte vraiment un client.
La conclusion qui dérange
La borne de recharge est rarement rentable comme produit d’appel unique. Elle le devient dès qu’elle sert de porte d’entrée vers un chantier plus important.
Ce qui rend ce marché rentable
1. La borne ouvre la porte du photovoltaïque
Un propriétaire de voiture électrique qui recharge chez lui voit sa facture d’électricité augmenter nettement. C’est exactement le profil qui rentabilise le mieux une installation solaire en autoconsommation, puisqu’il consomme une électricité qu’il pourrait produire.
Un client borne aujourd’hui est un client photovoltaïque dans les mois qui suivent, si vous restez en contact. Le raisonnement complet est sur la page trouver des chantiers photovoltaïques.
2. Le tableau électrique suit souvent
Beaucoup de maisons anciennes ne supportent pas l’ajout d’une borne sans mise à niveau du tableau, parfois du branchement. Ce complément fait souvent plus que doubler le montant du chantier.
3. Le client revient
Un électricien qui a bien posé une borne devient l’électricien de la maison. Éclairage extérieur, domotique, panneaux, dépannage. La valeur réelle du client n’est pas dans la première facture.
Le bon profil de prospect
| Situation | Intérêt du chantier | Pourquoi |
|---|---|---|
| Maison individuelle, voiture commandée | Élevé | Échéance connue, décision rapide |
| Installation électrique ancienne | Très élevé | Mise à niveau du tableau nécessaire |
| Déjà équipé en photovoltaïque | Élevé | Pilotage de la recharge sur le surplus |
| Copropriété | Long | Décision en assemblée, cycle très étalé |
| Locataire | Nul | Ne décide pas des travaux |
Comment vendre plus que la borne
La règle est simple : ne vendez jamais une borne, vendez une installation de recharge adaptée à la maison. La différence n’est pas commerciale, elle est technique et elle est vraie.
Trois questions à poser au premier appel, qui font émerger le vrai chantier :
- Quelle est la puissance de votre compteur ? Elle détermine si la recharge est possible sans renforcement.
- De quand date votre tableau électrique ? Un tableau ancien impose souvent une mise à niveau.
- Avez-vous des panneaux solaires, ou y avez-vous pensé ? Elle ouvre la conversation sur le chantier suivant.
La qualification indispensable
Sur ce marché, deux filtres évitent la majorité des pertes de temps : propriétaire ou locataire, et maison individuelle ou copropriété. Une demande de locataire en immeuble ne donnera rien, quel que soit son enthousiasme. Le détail est sur la page qualifier une demande avant de rappeler.
Ce qu’il ne faut pas promettre
Les aides à l’installation d’une borne à domicile existent et évoluent régulièrement. Annoncer un montant précis dans une publicité vous expose deux fois : la règle peut changer, et le client arrive avec une attente que vous ne maîtrisez pas. Mieux vaut dire que des aides existent et les chiffrer précisément lors de l’étude.
Questions fréquentes
La borne de recharge est-elle un marché rentable pour un électricien ?
Rarement comme produit unique, car une borne posée se vend souvent entre mille et deux mille cinq cents euros et laisse une marge nette limitée. Elle devient rentable quand elle sert de porte d’entrée : mise à niveau du tableau électrique, installation photovoltaïque ensuite, et fidélisation du client sur les travaux suivants.
Quel budget d’acquisition par borne signée ?
En appliquant la règle du quart de la marge nette, le budget tombe autour de cent à cent soixante-quinze euros par chantier signé. C’est faible, ce qui rend une campagne dédiée à la seule borne difficile à rentabiliser sans vente complémentaire.
Quel est le meilleur profil de client pour une borne de recharge ?
Un propriétaire de maison individuelle ayant commandé un véhicule électrique, avec une installation électrique ancienne. L’échéance est connue, la décision rapide, et la mise à niveau du tableau fait souvent plus que doubler le montant du chantier. Les locataires et les copropriétés sont à écarter ou à traiter séparément.
Faut-il proposer le photovoltaïque à un client borne ?
Oui, c’est la suite logique. Recharger une voiture à domicile augmente nettement la facture d’électricité, ce qui correspond exactement au profil qui rentabilise le mieux une installation en autoconsommation. Un client borne aujourd’hui est un client photovoltaïque potentiel dans les mois qui suivent.
Peut-on annoncer le montant des aides dans une publicité ?
C’est déconseillé. Les aides à l’installation évoluent régulièrement, et annoncer un montant précis vous expose à un changement de règle comme à une attente client que vous ne maîtrisez pas. Mieux vaut indiquer que des aides existent et les chiffrer lors de l’étude.
Raphaël Savorgnan est le fondateur de Voltea Acquisition. Il conçoit et pilote des campagnes d'acquisition pour des installateurs de pompes à chaleur, de photovoltaïque et d'isolation partout en France. Les chiffres cités dans ce guide proviennent de campagnes réellement pilotées et d'échanges avec des installateurs en activité.
Guide mis à jour le 30 août 2026. Les ordres de grandeur sont revus à chaque évolution notable du marché.